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Elle peut vous poursuivre, vous envelopper de ses longues effluves, tout en vous murmurant à l’oreille des mots incompréhensibles… puis relachant son étreinte, vous laissant un sentiment grisant et immaculé gravé au sein de votre chair.

Vous rouvrez alors les yeux pour vous apercevoir de cette petite blonde tenant votre main en souriant timidement, tout en ayant des lèvres ayant le même gout que son mojito glacé qu’elle sirote depuis bientot 45 minutes avec ses amies.

Elle peut tomber face à vous de manière incompréhensible, mettant un genou à terre, et vous offrant ainsi la voie libre pour accomplir des actes insoupçonnés, des actes fous, des actes osés.

C’est dans ces nuits-là qu’il peut vous arriver de gagner une nuit aventureuse avec une jolie -soi-disante- lesbienne aux cheveux d’or durant une partie endiablée de Baby-foot à deux heures du matin, à grands renforts de bière et d’encouragements de la foule.

Elle peut se dresser face à vous telle une muraille infranchissable, et vous faire errer sans but de longues heures au sein de la capitale. Tel un conquistador moderne, vous découvrirez alors de nouveaux endroits inconnus, verrez des constellations rendre lentement l’âme dans le ciel, et vous serez seulement armés de votre bouteille verte Kronembourg.

Elle peut user de son pouvoir omniscient pour voir l’avenir, restreindre vos ambitions et ainsi contrôler votre univers. Ces soirs-là, vous n’arriverez à rien, serez la risée des soirées et repartirez sous les huées d’une foule du 15e arrondissement pour n’avoir pas su analyser et détecter la situation sociale avec brio.

Elle peut user de son emprise spirituelle millénaire afin de duper vos sens, votre âme et votre esprit. C’est alors la porte ouverte aux crises d’angoisse, aux overdoses ainsi qu’aux hallucinations collectives menant à des accidents extrèmement graves.

Elle peut vous prendre sous son aile et vous bercer doucement dans les ténèbres, vous faisant perdre toute notion du temps et vous faire réveiller un matin, sans auncune conscience de l’heure, du lieu et de ce que vous avez foutu dans vos veines, tout en souhaitant la mort littérale de celle qui a embrassé un autre Homme sous votre toit le jour de votre anniversaire et qui est maintenant votre ex.

Elle peut jouer de ses influences, déclenchant une réelle inspiration en vous mettant la fièvre et vous forcant à écrire un enchevêtrement ordonné de lettres et de mots durant toute la durée de son règne, sous font de Mark Knopfler, Lynyrd Skynyrd ou même Knorkator, une dose de bohneur et de mélancolie dans chaque narine.

Comme ce soir.

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Je suis chez moi, assis sur mon canapé blanc. Un encens brûle. Mes enceintes crachent du rock alternatif, tentant ainsi de réduire le bruit du vrombissement furieux des voitures là-dehors depuis bientôt deux heures et je n’ai toujours pas trouvé comment commencer ce texte. Cela doit être ce qu’on appelle le “syndrome de la page blanche”, mais ironiquement la couleur de fond de ma WriteRoom est grise, une couleur on ne peut plus neutre.

Dans Lunar Park, Brett Easton Ellis axe toute son introduction sur la difficulté de trouver une phrase d’accroche qui initie son roman. Il reprend une par une toutes les phrases les initiant, de Moins que Zéro à Glamorama, en passant par American Psycho. Un travail intéressant et indispensable.

Car trouver une accroche n’est pas chose aisée. Et pourtant, c’est d’elle que découle l’ensemble du récit qui suit. Une bonne accroche permet au texte de couler fluidement telle une rivière tranquille. Le flot des mots suit alors son cours naturellement, au gré des mouvements de doigts occupés à mettre en forme de manière instinctive l’enchevêtrement d’idées émanant de l’esprit.

Ecris-je ce texte d’une manière fluide ? je ne sais pas. Est-ce que je fais des fautes? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que je l’écris d’un seul trait. 

Je tourne la tête.

Ce tshirt blanc à imprimé Donald Duck qui traine nonchalamment sur mon canapé me rappelle une situation bien précise : un pantalon chino vert kaki d’une marque de prêt-à-porter obscure, une paire de Clae Rollins à semelles bleu ciel, un bar sympa, un sourire et un “Bonsoir” lancé en plantant mes yeux dans ceux d’une petite brune de 22 ans de la table d’à côté souriant de toutes ces dents, me donnant ses coordonnées au bout de 10 minutes seulement.

Les riffs de guitare d’Hawkwind deviennent de plus en plus transportants. Ce rock psychédélique élève mon esprit. Je suis dans le vague. Mon âme vagabonde et se met à réagir aux multiples stimuli présents dans ces lieux.

Orgone Accumulator entre dans mes enceintes. Touujours Hawkwind.

Cette musique même me rappelle une soirée en duo avec un ancien ami, celui-ci m’apprenant et me démontrant par A+B que chaque stupéfiant convient à une atmosphère et une envie particulière, tout en nous repréparant une dose de DMT pour parfaitement coller à l’ambiance.

Ce briquet, posé sur la table basse à coté du miroir, me rappelle ma dernière rencontre avec Judith, avant de lui briser le coeur pour la deuxième fois à cause d’une fille sans importance que je ne prendrai même pas la peine de nommer ici.

Cet écran plat trônant dans un des coins de mon appart me rappelle la joie de mon premier salaire, et la sensation que le possédait allait m’apporter l’élévation et le  statut social qui va avec. Foutaises.

Ce verre de 4cl trainant sur mon étagère me rappelle des soirées dans un ancien bar de Campo Formio à enchainer des shots de RedRum, une boisson composée de Rhum, de Piment et de Wasabi. Mon record personnel : 12 shots et 3 filles. 

Ce batik indien me rappelle les soirées passées dans mon ancienne colocation au Kremlin Bicêtre, 100 personnes faisant la fete dans 100 mètres carrés, buvant, fumant, (se) consommant toute la nuit durant.

La peinture éraflée sur ma table basse me rappelle le flacon de vernis renversé de Julie, travaillant pour Elite et qui avait le tic de se remettre du vernis au bout des doigts à chaque fois que nous avions fini de faire l’amour.

Ce billet de train à moitié déchiré me rappelle mon périple du 14 juillet dernier, durant lequel je dus improviser, suite à une situation alcoolisée, mon retour de Bretagne vers Paris en une demi-journée de jour férié. J’y ai perdu ma meilleure amie, mais j’y ai gagné le souvenir d’un lever de soleil irréel sur la plage de Vannes.

Ce masque de protection me rappelle ma première année à Paris, durant laquelle je trompais mon ennui profond de la capitale en la violant, enchainant les nuits blanches car trop occupé à graffer des murs, des trains et des métros, et arrivant en cours des fois couvert de marques de peinture.

Cette trace à peine visible dans le mur me rappelle lorsque j’ai appris l’intention à plus ou moins court terme de mon père de divorcer, tout en cumulant l’admission à l’hôpital de mes deux grands parents restants. Apprendre en l’espace de 4 heures qu’on risque de voir toute sa famille exploser sous tous les angles, c’est un drôle de sentiment.

Ce casque audio blanc AudioTechnica me rappelle ce retour irréel en RER, diffusant vaguement du son à travers mes oreilles à mesure que je me rapprochais de Paris, après une nuit entière de threesome improvisé avec Claire et Marie dans une soirée en banlieue profonde.

Ce flacon de médicaments vide me rappelle la mini-overdose d’un autre ami, overdose ayant eue lieue il n’y a pas si longtemps de cela. Il s’en est sorti de justesse.

Ce verre vide me rappelle ma rupture avec Maina, durant laquelle les contenus de deux verres s’étaient retrouvés sur mon tshirt Glennz à Bastille. Une séparation intéressante, maintenant que j’y repense.

Chaque objet dans cet appartement, chaque trace, chaque imperfection possède une histoire. Son histoire. Mon histoire.

Enfin, l’élément le plus important, l’élément qui me porte en ce moment. Cela se situe dans la salle de bains. Cela n’a l’air de rien. 

Un dentifrice et une brosse à dents. 

Mais ils ne sont pas à moi. Ils sont à Lucille.

Mais ceci est une autre histoire.

Space Ritual se termine ici.

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Il est 22:44.

Je déplace Kind Of Blue dans ma liste de lecture. Presque immédiatement, Miles Davis commence à jouer So What du bout de sa trompette.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas écrit un texte ici, il est temps d’y remédier. Car vous vous en doutez, durant ce laps de temps, il s’est passé beaucoup de choses.

J’ai évolué, c’est clair. Reste à savoir dans quelle direction, et surtout si c’est la bonne direction.

Par une fin d’après midi d’Août à la chaleur écrasante et aux brins de vents (trop) rares, j’ai rencontré une fille magnifique qui s’appelait Judith. Rencontré dans la rue, en pleine recherche d’appartements. De loin, elle ressemblait à un Monet : de petites touches de couleurs basiques mais floues, attirantes, fluctuantes et énigmatiques. En se rapprochant, je note ses cheveux bruns mi-longs ondulés, qui rebondissent gracieusement lorsqu’elle marche. Des écouteurs rouges dans les oreilles, mais pas les immondes écouteurs de Dr Dre (qui ont vraiment un son médiocre… les gens ont-ils vraiment déjà écouté de la musique non compressée avec un vrai équipement audio ? J’en doute.). Serait-ce une fille de goût ?

Un regard lointain, serein, presque rêveur. Un aura de mystère. Je la trouve radieuse, le soleil se loge sur ses cheveux et rebondit, lançant des reflets éblouissants et poétiques. Je suis sous le charme. Je la désire, je la veux. J’augmente mon énergie.

Je l’aborde.

Elle me sourit et me répond. Echange de banalités, des banalités que j’aurais pu partager avec n’importe qui. Mais c’était elle. A la fin de ma question, nous nous sommes regardés, et nous avons attendus quelques longues secondes comme cela. Le temps passait au ralenti. Je pouvais voir  les gouttes de sueur du serveur officiant au Chansonnier tomber au ralenti. J’ai su après que cette sensation fut réciproque : nous avons tous les deux ressenti ce «blanc», ce moment «court mais intense de gêne qui nous permet de savoir si on apprécie le moment» aurait dit Mia Wallace.

Sans savoir qui relancerait cette conversation, ni même si cette conversation devait continuer. C’est là que l’énergie et le sourire rentre en jeu. La conversation a continué. Je l’ai relancé. Schéma classique de rencontre d’inconnue, badinages, vérification de l’intéret, sexualisation, projection simplissime. Plus c’est simple, mieux ca marche.

Rencart standard, Iguana et Atelier Charonne. Je déroule le fil conducteur dont j’ai l’habitude : questions imaginatives, sur les goûts, l’émotionnel et l’enfance. Deux ou trois routines sur Célia mon amour de jeunesse, sur la fois où une fille m’a suivie jusqu’à chez moi à mon insu et sur… je vous avoue que je ne me souviens plus de la troisième. Surement une histoire de mon enfance. A chaque fois c’en sont des différentes. Mais elles sont toujours authentiques.

Plus je la regarde, et plus je me dis que cette fille devait être une des muses de Jeanne Moreau. Elle avait des yeux d’opales, une myriade de bracelets mats autour des poignets et des bagues polies (presque) à chaque doigt. Elle était lumineuse, sensuelle, mais le meilleur adjectif pour la définir reste incontestablement «musicale».

Notre morceau de vie commun a commencé dans la rue Eugène Varlin, moi avec mon assurance, elle avec sa capacité de sourire rien qu’avec ses yeux (un peu à la Cary Grant ou à la Humphrey Bogart).

Nous nous sommes reconnus alors que nous étions inconnus. Nous nous sommes embrassés sous une porte cochère de la rue Charonne, porte donnant sur une rue quasi-déserte. Étonnamment, ses lèvres ont un gout de passion, un gout exotique. Nous nous sommes revus. Et nous avons dansé pour nous réchauffer.

Freddie Freeloader fait son entrée dans mes enceintes. Le son est rond, chaud, feutré… tel un verre de bon vin.

Nous étions bien ensemble. Mais le tourbillon de la vie (et de la réalité) nous a séparé : divergence de caractères. Ironiquement, ce même tourbillon nous a remis ensemble ensuite, comme pour mieux désaccorder nos vies en profondeur de manière définitive.

Ma deuxième rupture avec Judith fut au profit de Melissa, une blonde rencontrée dans mon bar préféré (toujours à Bastille). Ce fut une erreur.

Une grosse erreur.

J’ai été attiré par elle alors qu’elle n’avait rien d’extraordinaire. Pour être tout à fait honnête, je pourrais résumer cette fille à un tableau de Delaunay : elle ne ressemblait à rien de «structuré» que l’on puisse connaitre, mais elle m’inspirait.

Jeu. Taquineries. Rentre dedans. Facilité. On s’est embrassé. Aveu de faiblesse, il y a quelques mois, une aventure trop facile à obtenir m’aurait rebuté (et m’a rebuté. J’en ai déjà parlé dans ce journal). Là non. Je me suis ramolli. J’ai rompu avec Judith pour Melissa. Melissa m’a pris pour un con. J’ai largué Melissa. La vie est simple pour ceux qui savent ce qu’ils veulent. Histoire rapide mais avec bavures : je ne peux rappeler Judith. Je ne peux pas lui faire ça. Elle est déjà courageuse de ne pas me haïr. Je la respecte trop. Pas besoin d’en dire plus… Tout le monde fait des erreurs, mais celle-ci me reste vraiment en travers de la gorge, encore aujourd’hui.

Blue in Green prend la relève. Le coussin de mon canapé sur lequel je suis appuyé commence à me donner chaud.

Entre temps, j’avais repris contact avec Lucille, une bordelaise que j’avais rencontré il y a bientôt 5 ans. Cousine d’un ami Montpellierain, à vrai dire à l’époque je ressentais plus quelque chose pour sa sœur. Mais je n’étais pas celui que je suis aujourd’hui, et surtout elle était en couple.

Quelques échanges de messages, date fixée. Trajet jusqu’à Bordeaux. Retrouvailles.  Tension. Je ne suis pas déçu : elle est magnifique en venant me chercher. Blonde, cheveux lisses, élégante. Apprêtée comme il faut. Des formes qui suggèrent un corps proche de la perfection. Je ne regrette pas le prix de mon billet. Roger Moore aurait pu dire que je l’ai pris « rien que pour ses yeux ». Ah, et aussi pour visiter Bordeaux, je n’ai pas honte de l’avouer. Je repense à quelques aventures, et je me dis que je découvre beaucoup d’autres villes grâce à mes voyages « à bénéfices ». En parallèle, je découvre intimement beaucoup d’autres filles aussi. On ne va pas se plaindre.

Cette femme est féminine. Une légèreté presque irréelle. Les mots de Kundera me reviennent et peuvent être appliqués : cette femme de 26 ans représente l’insoutenable légèreté de l’être.

Mais elle possède aussi cette dose de normalité qui la rend irrésistible : elle collectionne les DVD de Disney, écoute de la musique électronique commerciale et porte des chaussons en forme de vache chez elle.

La première soirée se passe. Etant arrivé à 23h après une journée en agence, je suis mort. Je m’en veux.

Nous passons la journée suivante à nous tourner autour en errant dans Bordeaux, plus particulièrement dans une fête foraine, même si le jeu devient de plus en plus évident (normal… dans une fête foraine). Je fais durer le suspens.

Puis nous finissons quand même par nous sauter dessus. Bon d’accord, en réalité c’est moi qui ai craqué. Littéralement. Nuit complice, douce et féline.

Le lendemain matin au réveil, j’ai l’impression qu’elle flotte au dessus du sol tellement elle a l’air de maitriser sa corporalité. Nous passons l’après-midi ensemble, dans les bras l’un de l’autre.

Je repars le dimanche plein d’amertume, dans un TGV bondé. Nous nous reverrons, c’est sur. Je le veux. J’en ai besoin.

Et je n’ai pas fait de tour de train fantôme.

All Blues.

En parallèle, j’ai aussi revu Claire. Claire travaille comme assistante commerciale chez Elite Espagne.  Son prénom me rappelle une autre fille que j’ai connu et que je ne vois heureusement plus, avec qui j’ai résolu l’équation . Mais ceci est une autre histoire, que seuls les vrais connaisseurs connaissent. Certains l’ont même connu en live).

Avec Claire, c’est toujours l’aventure. Habitant en Espagne à temps plein, elle est Francaise par intermittence. Quand son agence de mannequinat organise des évènements dans la plus belle ville du monde. Résultat, elle est hébergée dans un hôtel différent à chaque fois, dans une chambre aussi grande que ma salle de bain. Ce qui est bien, c’est que cela force à aller à l’essentiel (Je ne parle pas de la douche… quoique).

Nous nous sommes rencontrés à l’entrée du MKP à Opéra.

Tu fumes ?

Non je ne suis pas possédé, désolé.

Possédé ?

Oui, regarde… tu es obligée de fumer pour avoir un prétexte à aborder les beaux garçons. Rires.

Conversation.

Prise de numéro.

Elle me propose d’aller à son hôtel.

Je lui réponds que je le connais et que je ne viendrai pas, étant donné que le plafond de sa chambre est trop haut (merci Stéphane).

Elle insiste.

J’accepte.

Pas besoin d’en dire plus.

Claire est grande. Claire est fine, mais Claire n’est pas pour autant être anorexique. Un visage de souris. L’espièglerie incarnée. Des joues creuses, de fines lèvres. Ses baisers ont goût de rose. Une femme enfant libérée. Et c’est pas si facile. Un accent latin aux douces et chaudes rondeurs de langages.

On pourrait comparer Claire à du Glenmorangie : capricieux, insaisissable, chaud, si près mais si loin. On croit la tenir, elle se dérobe et vous brûle. On croit la perdre, elle se love dans vos bras et vous dévore du regard. Pour l’apprivoiser, il faut la comprendre, la teaser, jouer avec, puis la dompter. Physiquement.

Flamenco Sketches. Ma préférée est l’alternate take. Un orgasme auditif incroyable que cette première note de trompette, qui paradoxalement clôt cet article.

Je vous avoue que moi, je ne sais plus trop où j’en suis dans tout ca. J’ai trop consacré de temps à la gent féminine, et pas assez à moi-même. Je ne vais même plus au restaurant, aux expos ou aux vernissages. Ma culture stagne. Mon évolution personnelle stagne. Ma vie stagne. Qu’est ce que je veux prouver ? Je ne sais pas, mais c’est ridicule.

D’ailleurs, ce texte ne contient qu’uniquement des récits de rencontre. Je sais que la vie ne se résume pas à la projection de quelques centilitres entre des jambes féminines, mais j’avais un besoin égoïste d’en parler.

J’arrive à séduire des femmes, mais je n’arrive plus à me séduire moi-même.

Blanc.

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 Je suis installé dans l’avion. Mal installé, j’ai réussi la prouesse d’hériter d’un siège à la fois dur et moelleux, à côté de la clim crachant un vent glacial continu. La tablette dépliable en plastique véritable blanc cassé est (aussi) à moitié cassée, et devant moi une issue de secours me fait de l’oeil. Ajoutez à cela que je suis placé à côté de l’hélice géante gauche de l’appareil. Bref, tout pour rassurer le chaland, surtout quand celui-ci a une légère appréhension en avion.

Autant les voyages en avion qui durent longtemps, je trouve que cela a un côté « aventurier » contrebalançant une possible angoisse, autant les courts, je trouve cela sans aucun charme. C’est trop rapide, trop facile. Un vol d’une heure n’apporte pas assez de temps pour réfléchir et pour profiter de la poésie d’un voyage humain au-dessus des nuages.

 

Entre temps, j’ai eu l’immense bonheur de croiser le boss de la filiale provinciale dans laquelle je fais une présentation capitale demain. Même avion, même rangée de siège. Le hasard fait bien les choses. Accueil glacial de sa part (le comble pour quelqu’un du sud de la France), suivi d’un sourire forcé. Ne répond pas à ma main tendue. Ca promet pour demain.

Cheveux grisonnant et petites lunettes rondes. Bottines italiennes noires, cravate sûrement offerte par ses fils au vu des motifs fantaisistes. Lit un journal indéterminé. Plutôt bien conservé pour la soixantaine.

 

Bien conservé, contrairement à mes deux grands parents restants, que j’ai bien failli perdre cette semaine : une suite à un problème au genou, l’autre a eu un gros problème à la hanche avec en prime des hallucinations récurrentes. J’ai failli perdre le tiers de mon arbre généalogique direct en l’espace d’une journée. Ca fait réfléchir. Le sentiment présent était surtout de la frustration. Frustration de ne pas avoir pu et su profiter de la présence, de la sagesse et de l’expérience de mes grands parents restants. Frustration de ne pas en savoir plus sur leur vie, eux qui sont quand même passés par une guerre mondiale. Je compte bien ne pas réitérer cette erreur. Bizarrement, je n’ai pourtant ressenti aucune tristesse.

 

La tristesse, elle, est venue plus tard. Plus précisément lorsque mon voyage en Bretagne a tourné court. Disons qu’une des personnes en qui j’avais le plus confiance au monde et que je chérissais le plus (après ma famille bien entendu) a eu la bonté de me trahir en racontant des fables sur mon comportement. Ni une ni deux, je suis parti à la première heure le lendemain, sans prévenir la principale intéressée, abrégeant mon séjour de la moitié de sa durée et laissant tout un chacun en train de décanter son alcool.  Il y a tout simplement des choses qu’un Homme ne peut accepter, fut-ce de quelqu’un qu’il fréquente depuis 1 an et demi.

Je vous assure que revenir à Paris dans la journée, alors qu’on se trouve dans un bled pommé du Morbihan, sans connaître personne, ni savoir où l’on est, ce n’est pas facile. Je n’ai dû mon salut qu’à un couple de retraités qui ont gentiment proposé de m’accompagner jusqu’à la gare ferroviaire. Après réflexion, j’ai décliné, voulant profiter du lever de soleil sur le golfe du Morbihan au moins une fois dans ma vie. Autant en profiter. Ils ont été étonnés au début, puis ont souri et m’ont indiqué un arrêt de bus à deux pas de la plage. Lever de soleil magnifique. Etat d’esprit à la fois nihiliste et surréaliste. Ce soir là, A. quant à elle avait plutôt été adepte de Sade : destruction de l’autre autorisée par la passion.

 Bus, TER puis TGV, rentré à Paris. Quelques expériences en plus à l’actif, et une personne en moins dans ma vie au passif. Nous sommes Mercredi (ou Jeudi, j’avoue que je ne me rappelle plus trop, esprit embrumé par les évènements).

 

Histoire de me changer les idées, j’accepte un entretien concernant un poste pour l’année prochaine. Chez Pierre et Vacances. Déjà l’ambiance, c’était comme l’Auberge espagnole, quand Romain Duris postule pour un poste au ministère de je ne sais pas quoi . Wow. Je ne pensais pas que cela pouvait exister en vrai.

L’intitulé du poste, c’était « Chef de projet spécifique Art/Web ». Ca en jette. C’est plein de confiance que j’arrive sur place, en ayant potassé le sujet.

Au final, le poste est risible : c’est juste un enjolivement pour dire « responsable des liens sponsorisés ». Ca ne vous dit rien ? Mais si, les liens sponsorisés, ce sont les liens qui apparaissent surlignés en jaune et en haut de page sur Google. Vous savez, là où personne ne clique et que la moitié des gens possédant un ordinateur ont désactivé.

Voilà, vous y êtes.

Opportunités de carrière : zéro. Intérêt du poste : zéro. Passion : zéro. Le responsable est jeune, la trentaine et porte un polo bleu parce que « ca fait cool, et que chez Pierre et Vacances, on est cool ». Et là, il me pose la question fatidique :

« Qu’est ce qui vous plait dans les liens sponsorisés ? »

Pas pu me retenir. Rires.  L’entretien se finit donc assez brièvement.

I’m too young for this shit.

 

Je passe un jour ou deux à réfléchir sérieusement à mes fréquentations. C’est à ce moment là qu’une des filles que j’ai fréquenté à l’époque, Solène (voir l’écrit sur la crémaillère d’Anna, je parle d’elle), m’apprend qu’elle va emménager avec son nouveau compagnon. Ca a l’air futile dit comme ca, mais c’est un petit rien qui fait toujours chier, quand vos exs se sentent bien avec un autre mec et qu’ils passent un cap ensemble alors que vous, c’est plus le contraire.

Je vais de suite sur mon réseau social préféré en lançant le magnifique « Fast Car » de Tracy Chapman repris par Kina Grannis et Boyce Avenue,. Après tout cela fait longtemps que je n’y suis pas allé faire un tour sur ce réseau social bleu.

Manque de chance et rebelote : une de mes presq’exs (L, héroine d’une des premières histoires de ce recueil) sort avec un prétendant. Bon après, faut le voir hein. D’une manière tout à fait objective, il est moche. Je ne comprends pas trop les femmes décidément, je le pensais mais en l’espace de quelques journées, il m’a été prouvé le contraire. Je sais que les mecs sont attirés primo par le physique et que les nanas sont attirés avant tout par une psychologie et un état d’esprit. Mais tout le monde le sait ça. De toutes façons je peux parler autant que je veux, il n’empêche que je suis désormais célibataire. Mon problème est simple, c’est que je ne donne pas l’impression à la fille qu’elle est unique. Je ne fais pas de confort. Je ne réponds pas aux requêtes que je trouve stupide, du genre envoyer un sms une fois arrivé à bon port sans elle. Alors que ce sont ces petits riens qui lient les briques communes des deux êtres d’une relation.

Kina Grannis a laissé sa place à Lemon Jelly (titre de la chanson : Space Walk). Entre temps, Just Jack a eu le temps de chanter « Disco Friends ».

 J’avais un ami, il critiquait toujours les copines des autres, c’était plus fort que lui. Alors que je ne l’ai jamais vu avec une fille. Là où ca m’a carrément gonflé, c’est quand il m’a sorti direct que je fréquentais « la plus moche du groupe ». Alors qu’il fallait la voir. De deux ans mon ainée, cheveux noirs de jais cours, mimiques de visage craquante, et cette manière de vous regarder en plissant les yeux. Une fille très sensuelle. Je la regrette un peu maintenant. C’aurait pu être la fille de ma vie. Le seul problème, c’est que ce n’était pas de cette vie-là. J’en ai même fait quelques dessins au fusain de mémoire, par nostalgie. Delphine, si tu lis ceci, je te les montre quand tu veux.

 

Mr. J. Medeiros a pris le relais sur Lemon Jelly et entonne « Constance ».

 

C’est le Karma. Trop de mauvaises actions passées. Il va falloir que ça change.

 

Je m’aperçois que j’ai beaucoup à dire et que je peux vraiment creuser sur ma relation aux filles. J’en ferai un article, promis.

 

Nous sommes Lundi. Reprise du travail. Enfin travail, j’exagère, étant en pleine période creuse, je crois que je n’ai jamais autant béni l’invention d’internet. Le pire, c’est que mes chefs sont persuadés que je fais du bon boulot,  d’ailleurs ils me l’ont dit. S’ils savaient. Je me demande même pourquoi je vais au travail aujourd’hui, étant donné que tout est fait depuis la semaine dernière. Vivement les vacances, dans une semaine. Non 8 jours. Ca fait beaucoup, dans certains cas, 8 jours.

Je me suis laissé allé à cause des évènements passés racontés ici, et honnêtement je n’aimerai pas me croiser dans le métro. T-shirt blanc sale, hoodie gris et trench Sandro sale aussi. Aucun effort sur les couleurs. Pas rasé, cheveux pas lavés et visage pas nettoyé depuis presque 5 jours. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais trouver une nouvelle nana. Ca tombe bien, je n’en ai pas envie.

Juste envie de décadence.

Mise en production de la première partie du projet phare de cet été. Aucun problème. Comme prévu. Robert est content, on fête ca avec un café (ah, l’insouciance de la jeunesse, j’ai même osé le thé au lait 2 boules de sucre).

Mardi, présentation du nouveau projet. Jean-Marc (pour les noms, pareil que tout à l’heure, j’ai déjà écrit un article sur mon travail, s’y référer) soutient le projet aussi, étant donné qu’il en est responsable auprès des grands pontes de l’entreprise. Lionel se montre attentif, Thierry aussi. Il commence même à prendre le rôle du « méchant chef de projet», en posant des questions perverses. Je comprends d’entrée ses intentions vu que j’aurai fait pareil, mais le pire c’est que ses questions pointent certains éléments importants. Toujours une pointe de sérieux et de pertinence dans sa déconne. Il est comme ca Thierry, et c’est pour cela que je l’aime. 

 

Mardi soir. Je vais prendre l’avion. En attente de taxi. J’en aperçois un, à l’autre bout de la rue. Au bout de quelques minutes, celui-ci me fait des appels de phares. Mais qu’est ce qu’il fout là bas alors que tous les taxis se garent tout le temps devant l’immeuble ? Question existentielle et vitale, je vous l’accorde. Il me répond que c’est bien mon taxi, mais que sa compagnie vient de l’appeler en disant que la course était annulée. Début d’embrouille. « Moi je vous prends, seulement si vous me payez l’approche ». Soupir de ma part. On ne me l’avait jamais faite celle-ci. Ok, en route. De toutes manières, c’est la boite qui paye. Il s’avère néanmoins que le courant passe bien, c’est un jeune de 28 ans. Nous avons les mêmes opinions et les mêmes problématiques et interrogations sur l’avenir. Conversation dynamique, de part et d’autre. 1h19 qui passent comme un éclair. Putain ca fait plaisir, la seule conversation intéressante depuis une semaine, ca remonte mon énergie.

Aéroport, 10 euros de pourboire. C’est la boite qui paye.  Il m’arrange une note de frais.

 

Aéroport plein.  Aucune fille à aborder pour passer le temps. Quelques tentatives de socialisation en salle d’embarquement avec des inconnus. Au bout de la troisième non fructueuse d’affilée, j’abandonne et visse mon casque rempli d’Atmosphere sur mes oreilles.

Nous embarquons. Tout le monde s’installe.

 

Et je commence la rédaction de ce texte.

"Quand on me trahit, soit je pleure, soit je vomis. Alors je choisis le plus simple à nettoyer."

- Stéphane E.

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Si on passe de la première à la sixième, on grille le moteur… démonstration.

C’était un jeudi soir. 

 
Rendez-vous avec ma copine de l’époque, Maina. Enfin copine, disons plutôt fréquentation, une fille que je vois. Faut appeler un chat un chat : une fille avec qui on est depuis seulement deux semaines ne mérite pas ce titre. 
Petite, origine asiatique (cambodgienne), des yeux marrons tout mignons, un sourire hors norme, une connexion mentale exacerbée entre nous et cette manie de légèrement pencher la tête sur le côté lorsqu’elle réfléchit.

On se voit à Bastille, dans un lieu qu’elle a choisi un peu de force (que je n’aime pas quand les nanas choisissent le lieu, ça finit souvent dans des endroits de merde) : c’est le Chantier Interdit, un pub qui fait des cocktails limites et qui fait payer cher. Bref un endroit très attirant.

Enfin bref. Je rentre, je la rejoins directement. Lumière tamisée, petite musique latino de fond. Je me demande ce que je fous là. Bon, 10 minutes pour faire bien et je prends l’initiative, on bouge. Oui mais…
Ca commence mal. Je m’assois, on accomplit les formalités d’usage puis je l’entends dire :
“faut que je te dise un truc”.
Alors ça, ça sent mauvais. Mais cela ne sent pas la rupture. Au final, je me dis que je m’en fous un peu, que j’ai soif et que je prendrais bien un Gin Fizz.

Il s’avère que c’est plus une discussion de changement de vitesse que de sortie de route. Elle veut passer au stade supérieur. Toujours laisser la nana décider du changement de vitesse. 

Quand on conduit, on passe de la première à la deuxième. Puis de la deuxième à la troisième, etc. Elle a voulu passer de la première vitesse (“on se voit, on fait des trucs ensemble pas trop catholiques”) à la cinquième.

Elle est devenue folle. Elle m’a parlé de me présenter à ses parents. A partir de là je n’écoute plus, j’avoue que je suis un peu dans le vague. Elle a l’air très enthousiaste, je l’entends mais n’écoute rien. Je me dis que ca va clairement trop vite, et il faut que je lui dise sans la blesser. Je ne suis pas contre rencontrer ses parents, mais on va attendre un peu plus que deux semaines. Et puis, honnêtement elle est gentille mais on ne se connait pas plus que ca et…



C’est là que je viens d’entendre le moteur surchauffer, puis exploser. Je n’avais pas fait gaffe, perdu dans mes pensées tout en hochant la tête, mais elle parlait d’emménagement commun et même de projets de gosse. Bordel, ce genre de truc je le dis pour déconner quand je séduis, plus c’est gros mieux c’est, mais là ça a l’air sérieux. Ses yeux noisette me fixent intensément. Honnêtement, je suis choqué. Il va falloir que je (re)devienne un connard et que je (re)mette les choses au point.
Je n’ai même pas ouvert la bouche que je la voit déjà se décomposer : elle a sûrement compris (connexion mentale, je vous dis). Je lui explique calmement que ça va trop vite pour moi, blablablablabla, laisser le temps au temps, blablabla.

Tout à coup, je reçois quelque chose de sa part. Un signal. le seul problème c’est que ce signal n’est pas mental, il est liquide et prend la forme d’un Cosmopolitan venant s’écraser sur mon T-shirt Glennz. Conséquence, le ton monte (un poil), et conséquence on se fait virer du bar par le gentil physio. Entre temps, moi et mon T-Shirt avons reçu un deuxième verre, à savoir le Gin Fizz qu’elle a retourné contre nous avec brio.
Des gens commencent à se placer autour de nous. J’en vois même un qui filme. Un regard assez évocateur et le voilà qui range son téléphone et se barre. C’est pas le moment de me faire chier.

Eclair de lucidité. J’ai reçu deux verres sur mon Tshirt, viré d’un bar de Bastille avec une fille que je ne verrai plus. Je me barre donc comme un connard, tranquillement et sans un mot. Elle essaie de me rattraper mais heureusement pour la santé mentale, les badauds la stoppe. Je les remercie sans me retourner.

Je prends le Noctilien et repense à un passage tiré d’un des livres de Beigbeder : “La prochaine guerre n’opposera plus des pays ou des religions, ce sera les hommes contre les femmes, et l’affrontement sera autrement plus violent”. Il n’a pas tout à fait tord, une légère escarmouche a même eu lieu ce soir.
Arrivée chez moi dans un état lamentable : trempé, puant la vodka, le gin et le citron, un peu déprimé. Une douche. Un coup d’œil sur la pendule : 04h. Demain lever 06h. Ca va être dur. 

Et merde. Demain, j’ai partiel de Management des Organisations (abrégé MOrgan, encore un prénom en M). Le prof responsable est une pointure dans son milieu, le genre de mec qui écrit des bouquins, se fout de la gueule des étudiants et se fait chier en cours car il enseigne des trucs basiques. Il doit avoir des millions gagnés à la bourse, c’est sûr.

Enfin demain, je veux dire dans 2 heures vu qu’on est Vendredi et qu’il est 4h du matin. Impossible de dormir, ça ne ferai qu’empirer la fatigue totale même si selon les adeptes du développement personnel, “les cycles de sommeil sont importants, il faut bien dormir, blablabla”.
La plupart des gourous du développement personnel préfèrent reprendre des principes glanés ça et la sur internet plutôt que de les mettre en pratique. Que de la théorie, pas de concret.

Faut que je m’occupe jusqu’à 6h, ensuite ça ira bien. J’irai acheter une Burn à Franprix pour la journée et ça ira bien. Je réviserai dans le train (une année de cours en 40 minutes, facile) et ça ira bien.
Bref, tout ira bien.

Je repense un peu à la soirée. En partie de ma faute, je n’ai pas su donner les bons signaux concernant l’accélération de notre relation. Ce qui me fait peur aussi, c’est que la plupart du temps, c’est le mec qui agit comme Maïna a agit : en demande d’affection, toujours prêt à s’engager trop vite. J’ai vécu ce que nombre de nanas ont déjà vécu au moins une fois dans leur vie. 

Toujours écouter le moteur, et le ménager. Passer les vitesses une par une, tout en embrayant. Au moindre bruit suspect, investiguer. 

15/20.

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J’aimerai juste apporter quelques précisions.

Tous les fais énoncés sur ce Tumblr sont garantis 100% véridiques dans les moindres faits, pensées, gestes et détails.

Tout ce que je raconte est réellement arrivé. De la manière dont je le décris.

Alors bien sûr, c’est votre serviteur qui tient le site, donc il se place selon son point de vue à lui.

Après, je ne mettrai jamais de photos des gens dont je parle ici.

Pour ceux qui veulent vraiment les photos des personnes incriminées, vous pouvez les retrouver au gré de mon Facebook (C’est l’avantage de me connaitre).

Pour ceux qui ne me connaissent pas, vous pouvez aussi les retrouver de la même manière. Mais ce sera plus compliqué.

Olivier F.

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Subconscient : Mais pourquoi tu rentres seul ce soir ? Pourrais-tu nous faire un résumé de la situation ?


Moi : Bon déjà, ce n’est pas du tout ce que vous croyez. Je ne devais pas rentrer avec une fille. Reprenons depuis le début.
Un bonne fréquentation de Montpellier, Mehdi, vient à Paris de temps en temps. Il est monté ce weekend, et m’a proposé de le voir. Il m’a demandé si je pouvais l’héberger. J’ai donc accepté avec plaisir.


S : C’est donc un très bon ami.


M : justement, c’est là où je ne saurai répondre. Durant toutes ces années que j’ai passé à Montpellier, on se fréquentait, c’est vrai. Mais le rapport de force a quasiment toujours été en sa faveur, alors que normalement, il s’équilibre au fil du temps.
Avec ma nouvelle vie Parisienne, j’ai appris à ne pas laisser passer certains comportements et à en valoriser d’autres. Je décidai donc de laisser cette soirée décider de la place de Mehdi dans mon cercle social.


S : Un peu comme les gladiateurs. Ok. racontes nous un peu les détails.


M : on se retrouve donc à sortir ce soir au niveau de Bastille. Il faut savoir que j’ai annulé 2 soirées pour le prioriser (une soirée avec une de mes anciennes FF, Claire, travaillant chez Elite et une soirée avec Sylvain, un autre ami de soirée). Premier point, on se retrouve à St Michel pour attendre un de ses amis… qui ne viendra pas. Résultat, on rate l’Happy Hour au Tape Bar en arrivant une heure et demi en retard. On arrive quand même au Tape. Ambiance de dingue, nanas à gogo, gens ouverts d’esprits. Première réflexion :
“Il n’y a pas de places assise, on change.”


S : normal, non?


M : Je suis désolé, mais non. Quand tu es debout, peut etre que tu te fatigues plus, mais tu fais des rencontres beaucoup plus facilement. Le fait de toujours vouloir s’assoir pendant la soirée traduit un manque de sociabilité.


S : Donc du coup, tu as réagis comment ? Comme l’ancien Montpellierain ou comme le nouveau Parisien?


M : Je t’avoue que j’ai réagit comme le Montpellierain. J’ai fait une concession, nous avons changé de bar.  Nous voilà donc à arpenter la rue de Lappe. On ne peut pas aller au Chantier, vu que je me suis fait virer à cause de l’histoire avec Maina (à suivre). Nous allons donc au Charlotte Bar. Je motive Mehdi et nous rentrons. De suite, le portier nous laisse rentrer sans problème : il adore mon T-Shirt, et demande à son ami barman de le prendre en photo afin d’en inspirer la nouvelle devanture du bar (!). Ca, c’est fait. Il ne reste que des places au bar. Nous nous asseillons donc au bar, malheureusement.


S : Malheureusement ?


M : Oui. Je ne sais pas pourquoi, les places au bar me vident de mon énergie. Je préfère encore être debout.


S : Et vous avez fait quoi alors ?


M : Nous avons commandé bien sur. Un Mojito pour Mehdi et une Caipirinha pour moi. Rien à dire, les cocktails sont bons. Mehdi va chercher son pote qui arrive. De suite, je le sens mal quand il m’annonce qu’il s’est fait recaler de l’entrée du bar. Quel mec peut se faire recaler de l’entrée d’un bar à Bastille ? Un Vendredi soir ? Bordel, aucune sensibilité sociale ou quoi ?


S : Et du coup ?


M : Du coup on est parti. Mais j’avoue que je suis content. Je commencais à vraiment perdre mon énergie en masse. Malheureusement, ce n’était pas fini.
Je propose d’aller au Hide. Le seul problème, c’est que Ronald, l’ami à Mehdi, est sapé comme rien. Du coup, on ne rentrera jamais. J’ai honte. Surtout qu’une super soirée semblait annoncée. 
On va donc au bar à Nénette, toujours rue de Lappe. Enfin, je leur indique vu qu’ils ne connaissent pas le quartier.


S : tu faisais un peu guide spirituel…


M : Oui voilà. On rentre donc, et là, personne. 6 tables de libres, on en prend une. Les deux autres compères gambergent sur la serveuse/barmaid, qui était il faut le dire très jolie. Ils ne savent pas que je la connais un peu, j’y suis déjà allé quelques fois avec Antoinette. Ils commencent à boire un deuxième cocktail. Je reste soft à côté, me contentant d’un apéritif. Histoire de maitriser. Ronald paie sa tournée de shots. 3 chacuns. Je ne me sens pas de boire encore mais JE ME FORCE. Dur. Heureusement que Ronald part fumer, cela me permet de prendre mon temps. Ce n’est pas que je tiens pas l’alcool (au contraire), c’est juste que le gout commence à me dégouter, tout simplement.
La conversation reste sur la serveuse/barmaid et sur leurs conquetes. Une fille se tient à côté de nous depuis demi heure quand elle part. Ils me disent qu’elle était seule, chose que je ne voyais pas avec le paravent à côté de moi. Je suis un peu sur le cul, aucun des deux n’a pensé à l’aborder alors qu’ils voyaient qu’elle était seule et qu’ils parlaient de nanas depuis tout ce temps.


S : Mais toi, tu interviens ou dans la conversation?


M : Nulle part. J’ai passé la soirée à les regarder boire une autre cocktail et à se raconter les histoires. Je relancais d’autres sujets à chaque fois (et dieu sait si j’ai essayé) mais ils en revenaient toujours avec plus ou moins de délicatesse. Là, je me dis qu’il y a un sérieux décalage entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font.


S : Et ensuite ?


M : Je force plus ou moins le départ. honnêtement, je me fais chier comme un rat mort depuis 2 heures, aucune fille à aborder, juste un set de 6 fermé à une table (je n’ai pas encore ce niveau d’abordage et d’aisance). Sur le retour, Mehdi me fait une remarque très désobligeante en me prenant pour un con devant toute la rue.


S : Réaction : Montpellierain ou Parisien ?


M : Parisien. En une fraction de seconde, j’ai vu repasser toute notre relation qu’on a partagé à Montpellier. J’ai vu comment j’étais dominé. j’ai vu la portée de la remarque qu’il m’a faite. Et surtout, j’ai vu que je n’avais pas envie de continuer comme ça. Je me suis barré.


S : Tout seul ?


M : Oui.


S : Hein ? Mais tu l’as laissé en plan?


J’ai déjà dit à plusieurs reprises que je n’étais pas un gentil garçon, voire que j’étais parfois un connard. Mais même si ses affaires sont chez moi et qu’il est censé dormir là bas, je ne peux pas accepter de me faire humilier comme ca. Je me barre. Je prends le metro et lui indique les changements si il a envie de rentrer à la maison.


S : Ca finit comme ca ?


M : Non. Il m’appelle, essaie de faire en sorte qu’on s’explique. Il a bu, moi très modérément. Bref, rien ne sort de cette discussion. Il va dormir chez son pote. Je craque.


S : Tu craques ?


M : Oui, je craque : j’appelle une ancienne “fréquentation” et lui dit directement qu’il m’est arrivé un truc ce soir, que j’ai envie de me changer les idées, que je passe chez elle.


S : Ancienne “fréquentation” ?


M : Mon ancienne “fréquentation” quand je suis monté sur Paris. 2 ans sans se voir.


S : 2 ans?


M : Oui.


S : Ok. Donc refus à 100%.


M : Au contraire. Elle accepte et je suis un peu sur le cul. Je vais donc chez elle, Emilie L. (Rue des Pyrénées, je ne donne pas le numéro).


S : Donc toute la nuit, tu as…


M : Pas du tout. J’ai juste dormi en la tenant dans mes bras. Je n’avais pas envie de sexe, j’avais juste envie d’enlacer une fille que je trouvais jolie et de dormir avec. C’était chose faite. Je pense qu’elle a dû être un peu déçue.


S : C’est tout ?


M : Oui. Je suis arrivé à 1h30 du matin. Je suis reparti en Vélib à 4h30-5h du matin. Sans prévenir. Je vous ai dit que je n’étais pas un gentil garçon. Je ne lui ai pas dit “Au revoir” ni “Merci”.


S : Et du coup, suite et fin de l’histoire avec Mehdi ?


M : On se voit demain. Enfin, dans quelques heures. Mais honnêtement, je n’ai pas envie de rattraper le coup.

Je ne peux laisser personne piétinner mon amour propre.

 

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Ce matin une fille m’a souri dans le métro.

Assez rare pour que je le repère : non pas qu’une fille ne puisse jamais sourire à un garçon en souterrain, mais il était 8h50 et j’étais dans la Ligne 1 à Neuilly. Heures de pointes. Transpiration. Impolitesse. Un sourire là-dedans, c’est un peu le phare du navire naufragé.

Esplanade de la défense. Je descends, beaucoup de gens sont en costumes tandis que moi, non. Adidas grises, jean bleu brut et chemise vichy bleu/blanc. Cela suffit pour une journée de travail.

9h10. J’arrive enfin devant les locaux d’AirLiquide. La standardiste a encore changé, c’est la 3e en 5 jours. Difficile d’humaniser les relations avec un rythme pareil. Notre ancienne standardiste est restée durant des années, et avait un rapport aux gens incroyable. Saidia, tu nous manques.

En montant les escaliers menant au premier étage, je m’aperçois dans la vitre. J’ai encore oublié de me raser, et vu que je ne me suis pas mis de crème hydratante, j’ai la soirée d’hier encore un peu incrustée sur mon visage. Penser à aller aux toilettes pour se passer un coup d’eau sur la gueule.

On prend son inspiration. On badge, la porte s’ouvre, c’est parti pour une journée de labeur.
J’arrive à mon bureau en croisant Guilaine, une de nos chefs de projet informatique. Guilaine, c’est la pointe sociale qu’il manque à beaucoup chez AirLiquide : elle voit avant tout les intérêts humains dans ses projets et se refuse à tout abrutissement de la langue française. Parler par anglicismes incompréhensibles, très peu pour elle. Dire que je ne l’aimais pas quand je suis arrivé ici. Aujourd’hui, je vois bien tout ce qu’elle apporte à la boite : une sorte de dernier rempart contre la bureaucratie.
Tiens d’ailleurs, il parait que la bureaucratie a été crée et grandit pour satisfaire aux besoins grandissants de la bureaucratie. J’aime bien cette définition de Lao Tseu, déjà le seul truc que je connaissais de lui, je l’avais lu dans Tintin et le Lotus Bleu, ensuite elle montre bien l’absurdité de certains environnements. Un peu comme la Poste qui m’envoie une lettre de confirmation d’arrêt de suivi de courrier… à mon ancienne adresse.

J’arrive enfin à mon bureau. Enfin un bureau… disons plutôt un box. Aucune fenêtre et aucune clim. Sympa niveau ambiance naturelle. Je m’installe donc en face de Robert, mon fidèle écuyer/voisin d’en face, qui est dans la même galère que moi. Sauf que lui c’est pire : son écran est tourné vers le couloir, alors que le mien est tourné vers le mur. Je pense que c’est ce qui a grandement contribué à empêcher mon suicide.

Je vais dire bonjour à toute l’équipe, j’essaie de le faire tout le temps en arrivant lorsque je suis à l’heure (c’est-à dire 2 jours sur 5) :
- Sylvie la prestataire qui tire la gueule le matin mais qui, je suis sur, possède une personnalité marrante;
- Lionel mon chef de projet préféré vu que c’est mon tuteur d’apprentissage. Honnêtement, ce mec est génial. j’ai eu la chance de tomber sur lui. Pédagogue, il a déjà lui-même fait de l’alternance donc il sait ce que sais. une main de fer dans un gant de velours, il ne paye pas de mine mais il est très bon;
- jean-Marc, surnommé le robot. Très sympa, déconne quand il faut, par contre c’est une machine, il bosse tout le temps, est sur 18 projets en même temps, arrive super tôt le matin, parle boulot quasi en permanence. Je le suspecte de bosser chez lui, c’est pour dire. Moi, je ne pourrais jamais faire ca pour le job que je fais actuellement. D’ailleurs, je ramène même des trucs persos à faire durant la journée ;
- Pascal, l’admin réseau au grand cœur. Il a l’air assez viril aux premiers abords, mais ce mec est génial (lui aussi). Un mec qui est grand-père à 42 ans ne peut être que génial non?
- Dominique, le responsable réseau typique. Strict, super marrant les mercredis entre 11h37 et 12h14, fan hardcore du PSG, collectionneurs de scalps de marseillais. Bon, avec lui c’est pas toujours évident, mais il reste cool, et même groovy (des fois).
- Thierry, le chef de projet comme je serai devenu si j’aurai continué dans les IT Sciences (on ne dit plus “informatique”, on dit “SI” ou “IT Sciences”. Guilaine est contre ce changement, je vous rassure) : au calme, efficace, marrant, populaire et faisant passer sa vie avant son boulot.
Et puis après le bureau du support, avec super-Delphine, notre super-secrétaire de DSI adorée qui est toujours super-souriante, super-efficace, super-jolie et qui nous file des super-bons plans tout le temps, et les prestataires de Hotline dont je connais le nom, mais bon vu que le turnover moyen est de 2 semaines, je ne vais pas les mettre, ca servirait à rien, ils seront déjà partis quand vous lirez ceci.
Et après y’a le boss, qui sera surement l’objet d’un article à lui tout seul un de ces jours.

Voilà, je suis déjà crevé à force de serrer des mains et faire des bises. Il me faut un café. J’embraye Robert pour un petit café matinal. Comme d’hab, y’a la queue.. Je regrette toujours qu’il n’aie toujours pas mis de “Burn” dans les distributeurs de boissons. J’ai testé beaucoup de boissons énergétiques, je dois dire que je préfère la Burn. Après, c’est la Monster, et après la Redbull. Dire qu’il y a autant de caféine dans une Burn que dans un café instantané. Ca vous booste un homme, même s’il n’a qu’une paire de paires d’heures de sommeil. Manque de pot, il n’y en a pas. On fera sans.

Thierry entre dans mon bureau avec une charmante jeune femme(Thierry ne travaille qu’avec des charmantes jeunes femmes, ça doit être inscrit dans son contrat de travail). Une nouvelle, à mi-temps, qui travaillera sur l’outil de CRM. Elle remplace l’autre charmante jeune fille qui était là moins souvent. Je ne me rappelle déjà plus le prénom de la nouvelle, décidément c’est officiel, j’ai une mémoire uniquement visuelle.

Le temps de regarder mes mails super-urgents (“promotions sur les chocolats” et “10 places de cinoche à vendre”) et mes mails inintéressants (blablabla projet en retard blablabla prévenir les utilisateurs blablabla planning à refaire blablabla cordialement), il est déjà 10h00. Et je n’ai pas encore regardé mes mails perso et mon compte Twitter (je me sers de Hootsuite pour voir à la fois mon twitter et pour avoir les infos les plus fraiches possibles).

10h15, on se met enfin au boulot. inutile de vous raconter en détails ce que je fais, mais ca fait intervenir mes mains, un clavier, Microsoft Word et un écran allumé (de préférence). Je me fous de la voiture de fonction, ce que je veux c’est des lunettes de repos de fonction. J’ai les yeux défoncés.

Des fois, Robert parle. Avec le temps, j’ai appris à déchiffrer ce qu’il disait, mais je vous garantis qu’au début, ce n’était pas évident. Mais j’ai tenu bon (je me suis même fait des fiches Aiki) et c’est la consécration : je peux maintenant rajouter le “Robert” dans mes langues parlées sur mon CV.

Mon bureau est parsemé de copies de tableaux de maitres : Lucian Freud, Monet… y’en a pour tous les goûts. Ca me plait et cela me détend. je les regarde souvent, presque aussi souvent que mon écran. Une carte du Music-Hall, restaurant à Paris, est présente nonchalamment sur mon bureau. Cocktails très intéressants en Happy-hours, 20 euros les 4. Par contre la bouffe, c’est bon mais c’est ridicule niveau quantité.

Mon téléphone fixe Alcatel-Lucent IP Touch m’indique que j’ai un message. Je regarde vite fait, c’est le chef. Son bureau est à 25 mètres du mien. Il ne peut pas se bouger pour venir ? J’ai vraiment du mal avec la culture Mail, à part pour les PowerPoint bidons, du genre la course de sous-marins ou le concours de grands-mères du brésil. Je soupire et ne réponds pas à son message. Si c’est urgent, pourquoi il ne vient pas ? Et puis j’ai plein d’autres choses intéressantes à écouter d’ailleurs, comme la chronique matinale de Laurent Gerra. Encore un petit rituel qui m’aide à commencer à bosser. Le seul truc c’est que j’ai tellement de rituels que dès qu’ils sont terminés, c’est 10h30 : j’ai perdu une heure de mon temps.

Mon bureau est sale. Je ne sais pas ce que fout le service de nettoyage, mais on dirait que je suis tombé sur des gens comme moi : ils n’en foutent pas une rame si leur job ne les passionne pas. Bon, je sors de mes pensées, il faut que je fasse un script SQL qui permette de faire un Batch des données client directement dans Oracle. Si vous n’avez pas compris, c’set pas grave, moi non plus. Je tiens comme ca depuis un an et demi, presque deux. Encore une paire de mois à tirer.

Je suis un peu aigri quand je suis fatigué, veuillez m’excuser.

Batch. Batch. Error. Café. Batch. Error. Batch. Done.

11h45. Comme à son habitude, Thierry m’interpelle pour manger. On a abandonné d’inviter les autres : les autres CdP (chefs de projets, ou Project Managers, c’est l’appellation à la mode) “finissent et arrivent”. les prestataires hotlines ne sont pas humains, ils ne mangent quasiment jamais. Ils me font peur. Dire que j’ai failli arrêter au DUT, j’aurai pu finir comme eux, à débattre sur quelle application est meilleure pour défragmenter des disques durs.

Après manger. Digestion.

Un thé au lait (c’est comme le café, mais ca maintient en alerte sur la durée. J’en suis un grand consommateur) et une poire croquante, je remets mon casque avec Suprême NTM dedans. Tandis que Joey a un flot vraiment animal, Kool Shen est beaucoup plus lyrique. Ils se complètent bien. Ca me maintient éveillé. Et dire que ce soir, y’a un apéro de prévu, je vais encore être dans un état pas possible demain.

Je travaille quand même histoire de finir ma charge commencée avant manger, faut quand même faire ce pour quoi on est payé, c’est le minimum.
Je crois que c’est Moravia qui a dit que l’ennui est une maladie du temps qui ne s’écoule plus. Sur ce point je suis vraiment d’accord avec lui. Je suis un peu le Dino d’AirLiquide, mais ma Cécilia n’est pas là.

Devant moi, Robert travaille sur son écran noir à écriture verte. Il a l’air à l’aise avec ces hiéroglyphes que sont les instructions machines, je n’arrive pas trop à appréhender le monde dans lequel il vit. L’informatique est vraiment le niveau 0 de la création. Alors oui, sans l’informatique nous n’aurions pas tous ces PhotoShop, Illustrator et Cie, mais il y a 40 000 ans l’Homme faisait déjà de l’Art au fond de Lascaux. L’informatique reste une science auxiliaire de la vie. Un informaticien est donc un auxiliaire d’une science auxiliaire.

Je jongle avec les feuilles Excel, les dossiers Word et les fenêtres d’intranet. Je me demande vraiment si ce que je fais aura une portée non négligeable POSITIVE sur l’avenir à court et long terme. La réponse est sûrement non.

Je ne sais pas si vous connaissez un peintre du nom de Thomas Gainsborough.
Thomas Gainsborough a (je pense) forcément influencé le système moderne : les employés, ce qu’on voit en premier (premier plan) ne sont pas là pour se faire remarquer : leur but est de valoriser l’unicité de l’image perçue de l’entreprise (l’arrière plan). Leur rôle tout entier y est dédié : couleurs, expressions, postures, gestuelle, habits…
Et comme dans un tableau de Thomas Gainsborough, on finit à force de le regarder de complètement oublier l’avant-plan et de le délaisser. En oubliant que même s’il n’est pas l’élément clé de l’œuvre de l’artiste, c’est uniquement grâce à ce premier plan qu’on peut profiter du génie émotionnel contenu dans ces œuvres.

17h. Je finis de travailler sur mon Excel et switche sur la rédaction de mon mémoire. Sujet inintéressant imposé par mon boss, théorique à souhait. Suivi pédagogique très faible de la part de la fac. Bref, le monde universitaire. Noir Désir a remplacé NTM dans mes oreilles. A cette heure là, le bureau commence petit à petit à se vider; Je suis dans un état semi-comateux : je ne comprends que la moitié de ce qu’il se passe autour de moi. Qui est encore là? Qui est parti ? Je ne saurais le dire.

18h. Je pars dans une heure pour aller directement en soirée. Je ne sais pas si je rentrerai chez moi ce soir. Je ralentis donc la cadence de travail et commence à augmenter mon niveau d’énergie. Ca a l’air facile comme ça, mais ça ne l’est pas. Désolé, je ne partagerai pas mes trucs pour le faire. Disons qu’il faut savoir changer complètement d’état d’esprit en un laps de temps très court, tout en ayant l’énergie et la motivation qui suivent.

Je me dis que je ne serai vraiment pas en forme demain, et il ne sera que Jeudi.

19h, décollage.